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lundi 6 février 2012

Je viens de lire le troublant article du New York Times du 25 janvier intitulé «In China, Human Costs Are Built Into an iPad» ainsi que celui du journal britannique The mail on Sunday intitulé «The stark reality of iPod’s Chinese factories»... et j'en suis profondément troublé.

Bien sûr, je me doutais bien depuis longtemps des conditions inacceptables de travail des esclaves modernes qui fabriquent nos biens de consommation. J'ai travaillé moi-même comme designer d'emballages pour des produits réalisés sous de telles conditions. Mais comme tout le monde, je rationalisais les choses et en venais à trouver cela normal pour continuer ma petite vie de consommateur... comme on passe à côté des itinérants sur Ste-Catherine sans même ressentir la moindre émotion! Que peut-on y faire après tout?

Mais la lecture de ces articles est un véritable électrochoc. Ce serait odieux de continuer à se fermer les yeux sans remords, ou pire à rationaliser et mettre en perspective ce mode de production inhumain sur lequel nous sommes assis.

Je n'ai même pas osé regarder les reportages sur le même sujet diffusés sur chariweb.com.

Je regarde ainsi avec de plus en plus de dégout ces petits bijoux technologiques auxquels j'ai su résister jusqu'à présent pour des raisons économiques. Et je ne parle pas seulement d'Apple, car il ne faut pas se leurrer : c'est toute l'industrie qui est coupable... voire notre modèle économique au grand complet!

Même le iMac grâce auquel j'écris ce billet me semble maintenant suspect...

Faut vraiment trouver une façon d'apporter un peu d'équité dans tout ça. Je ne sais pas encore comment, mais il faut agir individuellement, car nous perdons de plus en plus de notre humanité lorsque nous choisissons d'ignorer le drame de l'exploitation humaine sur lequel repose notre confort.

jeudi 13 octobre 2011

La Chine, "maître" des métaux rares!



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Je viens d'écouter un reportage français qui m'a fait bondir et hérisser les poils!
«Chinois, maîtres des métaux rares», de «RTL le matin».
 
Datant de novembre 2010, le reportage traite de la crise des métaux rares chinois. On y décrit que les Chinois ont réalisé l'intérêt stratégique qu'ils ont entre les mains en raison de leur quasi-monopole sur la production de ces minéraux qui sont maintenant incontournables dans la fabrication des objets de haute-technologie... y compris dans le domaine des énergies vertes.

La journaliste décrit très bien les raisons de ce quasi-monopole chinois : les métaux rares sont présents tout autour du globe, mais seuls les Chinois ont accepté l'imposante pollution que leur extraction entraîne!

Elle souligne du coup le paradoxe de «polluer davantage pour produire des produits plus écologiques»…

Jusque là tout va bien...
La journaliste souligne l'importance de cet enjeu lorsqu'elle affirme que pour se libérer du monopole chinois sur les métaux rares il faudrait construire des mines dans nos pays occidentaux (comme en Australie et aux États-Unis) à des coûts faramineux, car les normes de pollution seraient beaucoup plus contraignantes [tout comme les salaires des ouvriers].

Le prix de ces matériaux exploserait donc... ce qui aurait un impact majeur sur nos économies.

... mais mon poil s'est soudainement dressé lorsque la journaliste conclut, texto : «... alors le sujet sera abordé au Sommet du G20 à Séoul; les Européens et les Américains vont essayer de RAISONNER les Chinois pour qu'ils ne gardent pas tout pour eux» !!!

Bordel!
Moi ce que j'entends c'est :... les Européens et les Américains vont essayer de culpabiliser les Chinois afin qu'ils continuent à s'empoisonner et à mal payer leurs travailleurs miniers... afin que NOUS puissions continuer à surconsommer sans payer le juste prix de notre consommation occidentale...

D'autant plus que les Chinois, en augmentant le prix des métaux rares, ne gardent pas pour eux seuls cette production... car les objets qui nécessitent ces matériaux sont principalement exportés, les consommateurs chinois n'ayant pour la plupart pas les moyens de se les procurer!

Vivement que les Chinois assurent leur souveraineté sur leurs ressources naturelles, et vivement qu'ils n'attendent pas l'épuisement de leurs ressources pour en faire augmenter la valeur! Car, ne vous faites pas d'illusion, lorsque les ressources chinoises seront épuisées, les prix de ces matières exploseront... et ce sera au profit des minières occidentales qui exploiteront les nouveaux gisements! En plus, ce sera probablement à ce moment que le peuple chinois sera capable de se payer les produits de haute technologie... dont la production sera délocalisée et ne leur profitera même plus!

Québec / Chine : même combat

Nous vivons les mêmes paradoxes au Québec avec l'exploitation minière, l'exploitation de l'eau et l'exploitation des gaz de schiste : extraire le plus rapidement possible, avec le minimum de redevances possible, nos ressources au profit d'intérêts étrangers... alors que les prix sont au plus bas!

Imaginez, notre propre gouvernement tente de nous convaincre de l'urgence d'exploiter le gaz naturel de schiste alors que les prix du marché sont à la baisse et ne cessent de descendre en raison de la trop grande disponibilité. De la même façon, on garde les prix bas en tournant les coins ronds sur les problèmes environnementaux associés!

Vivement que nos ressources naturelles soient nationalisées et que les profits soient redistribués... là est la seule et vraie solution à nos problèmes de finances publiques.


Comme vous le savez peut-être, j'étudie la langue et la culture chinoise, et je me passionne pour les questions d'écologie et de développement durable.

Je vais donc continuer à me renseigner sur les suites de l'affaire des métaux rares chinois... j'espère sincèrement que le gouvernement chinois a pris le parti de son peuple!

dimanche 20 juin 2010

La menace chinoise?

En réponse à l'article de Radio-Canada intitulé "Le Yuan Bouge" et aux commentaires de lecteurs qui lui sont associés...
...de même qu'en réponse à ce lieu commun de nos conversations occidentales où il est question de ces "menaçants" chinois qui vont bientôt "prendre le contrôle de la planète et devenir les nouveaux maîtres du monde":

Les chinois nous achètent t'ils ou ne deviennent-ils pas plutôt nos partenaires en s'enchainant à notre dette?

Dans notre monde occidental la monnaie est devenu quelque chose de complètement artificielle, déconnectée de la réalité. La quantité d'argent qui circule et sa valeur sont complètement arbitraires, contrairement à ce qu'on pourrait croire.

Pour avoir un bon éclairage sur les fondements du système monétaire dans lequel nous vivons, ainsi que des implications sur nos vies, le petit film « L'argent Dette » de Paul Grignon – bien qu'un peu démagogique – est très éclairant.

Mais le système monétaire chinois et la banque centrale chinoise suivent t'ils les mêmes règles que notre monde occidental? Si oui, les chinois ne devraient pas être vus comme nos futurs – et menaçants - maîtres mais comme nos nouveaux partenaires et associés dans notre système de consommation. La mondialisation n'est en fait qu'un agrandissement à l'échelle de la planète du contrat social qui nous lie tous par les dettes et les promesses de remboursement.

J'espère seulement que les chinois seront plus sages que nous en privilégiant davantage l'épargne... mais je suis un peu pessimiste, la nature humaine étant ce qu'elle est. Ils seront bientôt aussi accrocs que nous au plastique et à la satisfaction instantanée de désirs qui ne sont pas les leurs... tout comme nous.

Ce qui me choque cependant c'est à quel point nous - les riches – faisons preuve de mauvaise foi en refusant de voir que les gens qui fabriquent nos produits de toute sorte à un aussi vil prix sont à notre économie artificielle ce que les esclaves noirs étaient à l'économie du 18ième siècle. En cherchant à consommer toujours davantage à un prix toujours moins élevé, et en freinant volontairement la hausse du niveau de vie des peuples émergents par la dure concurrence et la pression sur les prix, nous sommes complices d'un double discours ridicule qui prône la démocratie et les droits humains tout en refusant à ceux qui fabriquent nos biens de consommation un salaire juste et équitable et un droit inaliénable sur la propriété de leurs ressources et de leurs terres...

Ce n'est certainement pas de cette façon que nous allons trouver des solutions durables aux problèmes démographiques, écologiques, et au mur de l'épuisement des ressources que nous préparons pour nos enfants et petits-enfants... que nous chérissons pourtant tellement! Après-moi le déluge, comme dirait l'autre?

Nous vivons dans le mensonge... et j'en fait visiblement partie... vous écrivant sur cette petite merveille technologique qu'est mon portable, qui ne m'a coûté qu'un maigre 700$ emprunté... dont pas plus d'une dizaine ne s'est rendu dans les poches de ceux qui l'ont fabriqué au péril de leur santé et au détriment de leur droit au rêve et au bonheur!